Lettres de Tananarive, 1924-1927

 

 

Beigbeder décrit son travail et les communautés protestantes dans une ville qui s’est approprié le christianisme. Il évoque la vie quotidienne à la capitale et la convivialité au sein de sa maisonnée, autour de sa femme, la cheftaine Odette Meyer. Il fait le récit des événements marquants qui se déroulent dans cette ancienne cité royale où les Vazaha (Blancs) doivent prendre leurs marques, alors même que les Malgaches y subissent la discrimination. Il découvre les campagnes de l’Imerina, en compagnie de Vazaha ou de Malgaches. Ses voyages le conduisent au-delà des Hautes Terres centrales. En même temps, Beigbeder reste connecté à l’andafy (au-delà des mers) : sa famille, les réseaux protestants ou encore l’actualité politique de la métropole et des colonies.

Jean Beigbeder  en chef éclaireur - Fonds du CEPB
Jean Beigbeder en chef éclaireur - Fonds du CEPB
Pavillons du marché du Zoma - Tananarive, 1928

 

 

Jean Beigbeder, alias « Rabeigy » pour les Malgaches, ne remet pas en cause la colonisation ; néanmoins, il apprend la langue malgache, respecte des pratiques coutumières et entretient des relations de fihavanana (parenté) avec quelques jeunes malgaches. Médiateur culturel, il veut donner à différentes générations d’accéder à la culture européenne et cherche à faire du « Foyer » un « espace franco-malgache ». Quant aux Malgaches, ils réussissent à en faire un « espace de liberté », à un moment où la contestation anticoloniale prend de l’ampleur. Le « Foyer » contribue ainsi à les révéler non comme de simples sujets mais comme des acteurs de leur destin individuel et collectif.