Newsletter n°24 - mars 2022

En mission avec Marc-André Ledoux (1921 - 1994)

Rencontre avec un homme passionné – pour le monde et pour l’Église – à une époque passionnante, celle de la marche vers les indépendances. Un homme que rien, ou presque, ne prédestinait à devenir globe-trotter sinon, peut-être, un grand père pasteur méthodiste, missionnaire britannique en Kabylie.

« C’est par hasard, que je suis parti outre-mer. Comment, pourquoi, ai-je quitté la voie qui s’ouvrait toute droite devant moi ? » (celle de l’entreprise familiale pour laquelle il avait acquis une solide formation commerciale et juridique). Pas de voix venue d’en haut, raconte-t-il non sans humour, mais une idée qui s’impose à lui : « Être au service de l’Église, sous une forme ou une autre », mais pas le « ministère pastoral au sens classique ». 

Après, tout de même, des études de théologie (chaotiques en raison de la guerre), ce sera le scoutisme à Madagascar pendant six ans. L’expérience sera fondatrice lui ouvrant les yeux sur l’aspiration des peuples colonisés, et sur les enjeux, pour l’avenir des futurs états, de former les cadres des mouvements de jeunesse.

« Avec un tout petit peu d’audace on pouvait faire dans les années cinquante beaucoup de choses en Afrique. »

Tour à tour formateur de jeunesse, pasteur et missionnaire, journaliste, conférencier, organisateur de rencontres œcuméniques, un peu diplomate et, à ses heures perdues, auteur de guide de voyage ou traducteur…

Il semble capable de s’adapter à tous, missionnaires comme pasteurs du cru, hauts fonctionnaires coloniaux ou encore hommes politiques croisés au hasard de ses missions.

En Afrique comme dans le Pacifique, il se révèle un observateur privilégié des évolutions sociopolitiques en cours, tout en restant un témoin engagé.

La « grande liberté d’action que lui laissait son directeur » lui offre la chance de développer une vision globale de l’Église, une Église aux dimensions du monde, « dont la croissance n’était déjà plus le fait des missionnaires » mais « qui grandissait plus vite que la formation de ses cadres ».

Écrit par D. Kaunda, président de la République de Zambie, cet ouvrage a été traduit de l'anglais par M.-A. Ledoux.
Écrit par D. Kaunda, président de la République de Zambie, cet ouvrage a été traduit de l'anglais par M.-A. Ledoux.
De gauche à droite : les pasteurs Elia Thidjine (secrétaire général de l'Église), Marc-André Ledoux (SMEP), Jean Kafeat et Xowié Madine (président de l’Église évangélique de Nouvelle-Calédonie) © Défap
Marc-André Ledoux. Un projet australien d'Église unie. Foi et vie, n° 5, sept.-oct. 1964
Missions et Églises protestantes en Afrique et à Madagascar, par M. le pasteur Marc-André Ledoux. Afrique contemporaine, n° 27, sept.-oct. 1966

Chronologie

  • 1948-1954 : poste jeunesse à Madagascar (commissaire éclaireur connu sous le nom de chef Mamy)
  • 1955-1959 : responsable du Service Jeunesse Outre-Mer commun à la Société des missions et à l’Alliance des Équipes Unionistes.
  • 1959 – 1963 : missionnaire en Nouvelle-Calédonie
  • 1964-1973 : responsable du Service de l’information de la SMEP (création)
  • 1968-1973 : secrétaire exécutif du Département des relations extérieures (DRE) de la Fédération protestante de France
  • 1973-1980 : pasteur de paroisse (Le Havre, Dreux)

Zoom sur…

Le Pôle de conservation des archives des associations de jeunesse et d’éducation populaire (Pajep) vient de mettre en ligne une version commentée de « Tily malagasy ou Sentinelles malgaches ». Ce film réalisé en 1954 par Marc-André Ledoux apporte un éclairage sur le mouvement scout unioniste à Madagascar à l’occasion du Jubilé de ses trente ans (1924-1954). Le commentaire de Faranirina Rajaonah est lu par Helimamy Esoavelomandroso et Claire-Lise Lombard.

https://archives.valdemarne.fr/r/401/2021-tily-malagasy-sentinelles-malgaches-par-les-eclaireuses-et-eclaireurs-unionistes-de-france-1951-/

Le Défap conserve les archives de M.-A. Ledoux documentant l’ensemble de son activité de 1947 à 1973, parmi lesquelles une version longue de ce film (également visible en ligne via le catalogue de la bibliothèque). Le prochain tome du Dictionnaire biographique des protestants français proposera une notice retraçant son itinéraire complet.

Dictionnaires biographiques

Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours

Co-dirigé par les historiens Patrick Cabanel et André Encrevé, il est en cours de publication. Le premier tome (de A à C) a été publié en 2015 et comporte près de 1200 notices ; le deuxième (de D à G) paru en 2020, propose près de 1300 fiches biographiques. On peut y découvrir de nombreuses figures célèbres. Mais il tire également de l’ombre les parcours de personnalités moins connues voire, pas connues du tout, parmi lesquelles des missionnaires, hommes et femmes.

disponible à la bibliothèque : cote : 230.1 CAB
dacb

Dictionary of African Christian Biography (DACB)

Ressource électronique en accès libre, le dictionnaire biographique des chrétiens d’Afrique (DIBICA) a été mis en ligne dès 1998. Il documente l’histoire du christianisme en Afrique à travers des milliers de biographies (en y incluant des figures missionnaires occidentales). Les notices sont essentiellement en anglais mais il en existe quelques centaines en français et dans une moindre mesure en portugais et kiswahili. La qualité du contenu est très variable selon les notices mais ce dictionnaire reste un outil important pour faire connaître les personnalités influentes des Églises africaines d’hier à aujourd’hui. www.dacb.org

Biographical Dictionary of Chinese Christianity (BDCC)

Le dictionnaire biographique du christianisme chinois est un dictionnaire qui se concentre sur la vie des chrétiens chinois et des missionnaires chrétiens étrangers en Chine. Il est publié en chinois et en anglais. Le site Web du BDCC a été lancé en juin 2006 et propose une base de données électronique similaire à celle du DACB. En 2022, plus de 600 notices biographiques sont proposées : www.bdcconline.net

bdcc

Exposition

05 avril – 17 juillet 2022. Quai Branly

Sur la route des chefferies du Cameroun. Du visible à l’invisible

En collaboration avec l’association La Route des chefferies, le musée du Quai Branly expose près de 300 œuvres dont 260 conservées par plusieurs chefs et lignages familiaux. Véritable exploration dans la société bamiléké, cette exposition apporte un éclairage sur l’influence culturelle des chefferies dans l’art camerounais et met en lumière de nombreuses œuvres d’artistes contemporains. Plus de renseignements :
musée du quai Branly – Sur la route des chefferies du Cameroun

 

Une exposition à mettre en résonance avec les archives du fonds photos Daniel Broussous, médecin-missionnaire envoyé par la SMEP en 1945 au Cameroun où il exerça à l’hôpital de Bangwa jusqu’en 1959. Il réalisa plusieurs films et de nombreux clichés illustrant l’Afrique traditionnelle. À voir en ligne dans la galerie photos Cameroun sur le site :

Galerie photos par pays – Bibliothèque du Défap

D. Broussous. Bâton de jugement. © Défap