Qu’est-ce que la nostalgie ? Que sont l’appartenance et l’identité ? Quel est notre rapport à l’altérité, à l’étranger ?
Ce sont ces questions qui alimentent la réflexion de l’auteure. Non seulement philosophe, Barbara Cassin est aussi philologue et elle puise dans son savoir des langues et des textes (L’Odyssée, l’Énéide et les textes de Hannah Arendt) pour questionner le rapport entre patrie, exil et langue.
Que signifie être chez soi ? Appartenir à un « pays » géographique, à une patrie, à une langue ? C’est parce qu’on s’est senti bien chez soi, que l’on éprouve cette nostalgie dans l’éloignement. Et l’auteure de conclure : « Quand donc est on chez soi ? Quand on est accueilli, soi-même, ses proches et sa, ses langues ».
Cet essai ouvre aussi une autre interprétation à qui souhaite la voir : il y a en nous un territoire intime dont nous gardons la mélancolie. Adulte, nous avons la nostalgie de ce territoire de l’enfance construit en même temps que notre langage, à l’âge où nous étions bercés par la langue maternelle et son visage. Un territoire encore présent et vivant en nous dans lequel nous nous sentons bien si nous savons accueillir l’enfant – cet autre – en nous.



