La Société des missions évangéliques de Paris : 1822-1971

une mission protestante française
hors des sentiers battus

Les missions protestantes françaises occupent une place originale dans le mouvement mondial d’évangélisation des peuples aux XIX et XXe siècles.
Révélateurs des enjeux divergents entre une vision internationale de la mission et celle, nationaliste, de la colonisation, les missionnaires de la Mission de Paris ne s’ajustent pas au projet colonial de la France.

Entre mission et colonisation… y a-t-il eu convergence, complicité, contradiction?

« Une vision régénérée de l’homme »

Tout être humain, quelle que soit son origine a des droits inaliénables et revêt la même dignité. Si différence il y a, elle ne peut être que culturelle. Il n’est plus question d’homme sauvage, mais d’homme naturel, terrain vierge qui attend l’œuvre civilisatrice et évangélisatrice de l’Occident.

« Donner raison à la Raison »

La conscience de l’universalité des droits de l’homme change le regard porté sur des populations qui jusqu’alors n’étaient jaugées qu’à l’aune du mercantilisme. L’ « infâme négoce de l’esclavage »  (Voltaire) doit céder la place à un « commerce légitime » selon des relations équilibrées, voire de partenariat.

Les Sociétés des Missions protestantes se grefferont sur les mouvements abolitionnistes. Autre vecteur important, le goût pour l’exploration scientifique : géographes, cartographes, naturalistes, philanthropes, ouvrent les routes où s’engageront, non sans risques, les missionnaires et plus tardivement les colonisateurs.

L’entreprise missionnaire : entre la philosophie des Lumières …
et le romantisme du Réveil religieux

Un souffle missionnaire : le « Réveil »

Bien qu’en réaction au rationalisme de la philosophie des Lumières, le Réveil religieux garde sa vision universaliste de l’homme. La vie spirituelle renouvelle la foi chrétienne et y insuffle un zèle missionnaire. Chaque frère en humanité doit pouvoir recevoir l’Évangile partout dans le monde. Il n’est pas question, dans ce premier temps des missions protestantes, de diffuser un christianisme occidentalisé, mais d’apporter la Bible aux païens. On est loin de tout esprit de conquête et de domination.

Un élan missionnaire : les Sociétés des missions

Avant même la création de la Mission de Paris en 1822, des réunions se tiennent dans différentes régions de France, pour prier pour les missions dans le monde, en particulier celles des Sociétés des Missions de Londres et de Bâle créées avant elle et récolter des fonds.

Article 1er 
La Société des missions évangéliques chez les peuples non chrétiens, établie à Paris, a pour unique but de propager l’Evangile parmi les païens et autres peuples non chrétiens

Dès ses origines, la mission fera partie de réseaux européens et nord-américains, sans engagement officiel des États.

La création de la Mission de Paris indépendamment des Eglises officielles (luthérienne et réformée) concrétise cet élan missionnaire.