Abdulrazak Gurnah est un universitaire et écrivain tanzanien, vivant au Royaume-Uni. C’est pour son « analyse pénétrante et sans compromis des effets du colonialisme et du destin des réfugiés écartelés entre cultures et continents » qu’il a reçu le prix Nobel de littérature 2021, le plaçant sous les feux des projecteurs – lui dont la dizaine de romans était alors peu connue voire introuvable… du moins en France.
Le déracinement, le voyage sont au cœur de ses récits. Paradis relate l’histoire de Yusuf vendu à 12 ans par son père à un marchand. Captif, grandissant dans un monde bouleversé par la colonisation, Yusuf finit par s’engager dans les troupes indigènes recrutées au sein de l’armée allemande à la veille de la première guerre mondiale. Dans les romans de Gurnah, l’histoire personnelle et coloniale s’entremêlent et s’éclairent, donnant vie à des personnages complexes et ambigus. L’incertitude identitaire, provoquée par le déracinement, est liée à une dimension mémorielle individuelle et collective.
En 2021, seulement trois de ses romans étaient traduits en français : c’est bien peu pour un Nobel.



