Journées du matrimoine : en mission au Cameroun

Les journées du matrimoine débutent ce we pour une semaine ! Créées en 2015, elles font écho aux journées du patrimoine (17-18/09) afin de valoriser l’héritage artistique et culturel des femmes du passé. La Bibliothèque du Défap s’inscrit donc dans cette valorisation, en vous faisant découvrir des femmes peu ordinaires à travers leur parcours de vie, leurs écrits et leurs œuvres… toujours en lien avec nos fonds documentaires. Place aux Femmes !

Anna Rein-Wuhrmann (1881-1971)

Née à Marseille, Anna Rein-Wuhrmann fait ses études en Suisse pour devenir enseignante. En 1911, elle part avec la mission évangélique de Bâle où elle va enseigner à l’école des filles de la mission de Foumban (Cameroun) jusqu’en 1915. Après la Première guerre mondiale – pendant laquelle elle est emprisonnée quelques mois -, elle repart de 1920 à 1922 comme institutrice missionnaire avec la Société des missions évangéliques de Paris. Pendant ces années missionnaires, elle prend de nombreux clichés de la société Bamoun et des portraits dont celui de Lydia Mengwelune, une des figures du christianisme Bamoun. Ces clichés, visibles sur notre catalogue en ligne, viennent aussi illustrer ses nombreux ouvrages et brochures consultables à la bibliothèque. A propos d’Anna Rein-Wuhrmann, Jaap Van Slageren écrit dans son ouvrage Histoire du Cameroun des origines à nos jours (2005) :

« Il semble que [son] travail (…) a produit à Foumban des transformations durables pour la situation personnelle et sociale des femmes, qui a laissé des traces dans l’Église jusqu’aujourd’hui. Son talent missionnaire dépassa à certains égards celui de ses collègues, par exemple en n’imposant pas de règles rigoureuses de morale chrétienne traditionnelle -de style européen puritain-, mais persuadant d’adapter les règles chrétiennes à la culture du pays ».


Josette Debarge (1896-1965)

Josette Debarge, née en Suisse, est médecin envoyée au Cameroun par la SMEP à partir de 1926. Elle travaille, parmi la population bamoun, au dispensaire de Foumban à l’agrandissement duquel elle participe. Mais ses visites dans les régions voisines la poussent à construire un dispensaire en pays bamiléké, à Bangwa, en 1931. Celui-ci devient trois ans plus tard un hôpital central. En 1936, elle rentre en Suisse et se convertit au catholicisme. Elle retourne, par la suite, au Cameroun au sein d’une structure médicale catholique, l’hôpital d’Omwah, dans lequel elle travaille jusqu’en 1960 et qu’elle contribue à agrandir. Dans son ouvrage Njoya et le royaume bamoun (2006), Alexandra Loumpet-Galitzine écrit :

« La liberté de ton du Docteur Josette Debarge, médecin missionnaire suisse, est donc une exception, probablement due non seulement à son caractère indépendant, mais aussi à sa profession et au statut social qui en découle. »