Et ma langue se mit à danser

Auteur(s) : Ysiaka Anam

Date de publication : 2017

Éditeur : La cheminante

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Ce premier roman d’Ysiaka Anam est une plongée dans les pensées de Z., jeune femme arrivée en France à l’âge de cinq ans. La narratrice évoque l’histoire de sa famille remplie de douleurs et de silence.

En France, la petite fille a dû se construire avec ces silences et ce déracinement. En même temps qu’elle oublie la langue maternelle, elle enfouit cette petite fille de là-bas pour devenir une femme forte d’ici. Elle raconte aussi comment elle se sent parfois en marge des autres : ni vraiment d’ici, ni de là-bas.

Est-ce que quelque chose peut réellement, fondamentalement, me séparer d’elle ? Comment faire autrement qu’accueillir, et bercer soi, cette enfant-là ? Lui tenir la main et converser avec elle, plutôt que de mentir à l’adulte, à la môme, en essayant de la cacher vainement sous le tapis ?

Originaire d’Afrique de l’Ouest, Ysiaka Anam interroge les conséquences de la migration sur la langue et la construction de l’identité. Son écriture est donc à l’image de l’identité morcelée de la narratrice : phrases courtes qui se bousculent parfois, qui interrogent et qui enchaînent des morceaux de pensée. La question de l’identité étant universelle, ce court roman touche forcément.

Mais cette identité, quand même, il faut la porter comme la vraie, derrière les vêtements mis juste pour faire bonne impression. Cette identité à ne pas oublier pour ne pas les laisser l’écraser en nous, l’assimiler, la génocider encore une fois.