Deux océans et plus de 15000 kilomètres séparent les îles tahitiennes de l’île de Madagascar mais à peine cinquante années entre Pomare IV (1813-1877) – dernière reine de Tahiti – et Ranavolona III (1861-1917) – dernière reine malgache.
Pomare IV (1813-1877)
Quand elle monte sur le trône en 1827, Aimata prend le titre de Pomare IV et débute son règne sous l’influence britannique. Le conflit franco-tahitien de 1843 à 1847 va se conclure par l’installation d’un protectorat français. Les missions protestantes britanniques vont alors laisser la place à la Société des missions évangéliques de Paris. Le protectorat accorde le pouvoir exécutif à la reine Pomare IV mais sous contrôle du représentant de la France. Elle prend la décision d’envoyer en France un de ses fils – mentionné dans la correspondance déposée dans nos archives – avec un groupe de jeunes polynésiens pour parfaire son éducation. Elle meurt en 1877 après cinquante ans de règne. Deux ans plus tard, son fils Pomare V consent à l’annexion du royaume par la France.


Ranavolona III (1861-1917)
Razafindrahety est la petite nièce de la reine Ranavalona Ire. Elle reçoit une éducation par un professeur de la London Missionary Society et se convertit au protestantisme en 1869. En 1883, Razafindrahety monte sur le trône et devient la reine Ranavolona III. Toutefois il s’agit surtout d’un titre honorifique et d’un rôle symbolique – figure entre le peuple et les ancêtres. En effet, après le règne de Ranavalona Ire, le pouvoir exécutif passe entre les mains du Premier ministre Rainilaiarivony, qui sera co-roi de Madagascar en épousant les reines successives. En 1890, les tractations internationales entre les grandes puissances coloniales finissent par imposer un protectorat français sur l’île. Après le refus de la reine de le reconnaître, la France envahit Madagascar en 1894. Deux ans plus tard, le royaume de Madagascar devient colonie française. La reine est arrêtée en 1897 et exilée d’abord à La Réunion puis en Algérie. Pendant ses vingt années d’exil, elle est autorisée par le gouvernement français à effectuer plusieurs voyages en France qui sont très relayés par la presse. Elle meurt en exil à Alger en 1917.







