Depuis 1992, à l’initiative de l’Association Panafricaine des Écrivains (PAWA – Panafrican Writers Association), la journée du 7 novembre est consacrée à l’écrivain Africain, pour souligner l’importance qu’occupent les auteurs africains dans l’histoire de la littérature mondiale. Ils œuvrent non seulement à traduire vers l’écrit les imaginaires transmis à l’oralité mais aussi à valoriser la pluralité linguistique du continent qui se manifeste dans la diversité littéraire africaine. C’est donc l’occasion pour la bibliothèque de mettre en lumière un écrivain malgache et l’histoire d’un don.
Jean Verdi Salomon Razakandraina, dit Dox, est né en 1913 à Manankavaly et mort en 1978. Non seulement poète, il est aussi dramaturge et musicien. Attaché à la valorisation de la littérature malgache et de sa langue maternelle ainsi qu’au soutien de jeunes auteurs, Dox fonde l’Union des Poètes et Écrivains Malgaches en 1952 et une imprimerie en 1955.
Il traduit aussi de nombreux grands auteurs de la littérature mondiale : Ronsard, Racine, Corneille, Hugo ou Shakespeare mais aussi ses contemporains comme le sud africain Alan Paton.
Un jour d’octobre 1957, dix petites brochures en langue malgache – publiées sur la Grande Île entre 1941 et 1957 et d’apparence modeste – atterrissent sur le bureau d’Etienne Kruger (1895-1983), responsable du service publications à la Maison des missions. Elles lui ont été envoyées à sa demande par un imprimeur de Tana, ancien élève du collège protestant Paul Minault d’Antananarivo – dont E. Kruger a été directeur – avec une biographie de leur auteur. Le nom de plume de ce dernier est Dox.
Directeur du collège, Etienne Kruger a connu Dox puisqu’il y a enseigné entre 1932 et 1949. Un lien s’est tissé entre le professeur et l’élève de 19 ans. C’est lui le Maître auquel le courrier est adressé. Choisies par Dox, les brochures adressées à Krüger sont toutes des premières éditions afin de soutenir l’écrivain « dans son infortune », lui qui a perdu successivement deux enfants, son père et sa femme en 1954.
Manina ny zanako aho ka hamangy eny aminy …
Tsy afaka hiantrano anefa fa hatreto an-tokontaniny !
Sanatria raha hivoaka ny varavaran-drangolahy,
Ary hany hifanoina dia avelo sy fanahy !Tonga ihany aho anefa fa entanin’ny Fitia !
Dox
Mitondra izato foko resy, toy ny hahita sanatria !
Ao ambany tany ao, tsy azo fohazina hanoina
Ka horaisina eo an-tratra ‘lay malala hampofoina !
Je m’ennuie de mon enfant, aussi vais-je lui rendre visite …
Hélas je ne pourrai rentrer chez lui, je resterai au seuil de la porte.
Il ne sortira jamais de sa pierre tombale,
Seule mon âme et son fantôme communiqueront.Je viens quand même, c’est l’amour qui me porte.
Dox
Avec mon cœur en peine, comme si j’allais le voir.
Mon enfant chéri est sous cette terre, je ne peux le réveiller,
Ni le prendre dans mes bras et le bercer sur mes genoux.
Pour aller plus loin
- Les publications de Dox dans notre catalogue
- Dossier Dox préparé par Claire Riffard, avec la collaboration de Patricia Salomon et d’Hanitr’Ony, mis en ligne le 11/02/2013
- Dox : écrivain et musicien à Madagascar / sous la direction de Dominique Ranaivoson. Saint-Maur-des-fossés : Sépia, 2023. 104 p. (cote : 230.1 (691) DOX [RAN])




