Mardi dernier, le Défap au eu la joie d’accueillir le groupe Unlimited Prayer Frontiers, venu d’Afrique du Sud sur les traces des missionnaires de la SMEP. Leur tour de France s’achevait au Défap pour rencontrer l’équipe et visiter la Maison des missions. Ce fut l’occasion pour eux de découvrir les portraits des missionnaires dans le salon rouge et de plonger dans la richesse des archives de la Société des missions. Un temps de partage autour d’une histoire commune entre la SMEP et le Lesotho mais aussi de prière afin de rendre grâce pour les missionnaires venus partager l’Évangile.

Thomas Arbousset (1810-1877) et Eugène Casalis (1812-1891) arrivent ensemble au Lesotho en 1833. Le premier s’établit à Morija où il crée une station missionnaire et sillonne le pays pendant plusieurs années. Il quitte le Lesotho en 1860. Le second reste aux côtés du chef Moshesh, comme conseiller spirituel et politique, à Thaba Bossiou. Il quitte le Lesotho en 1856. L’un et l’autre partagent la vie des Bassoutos dont ils œuvrent à faire connaître la langue et la culture. Leurs écrits en sont le témoignage.
Péripéties d’un manuscrit

Thomas Arbousset publie, en 1842, Relation d’un voyage d’exploration au nord-est de la Colonie du Cap de Bonne-Espérance qui relate son excursion en 1836 avec François Daumas et qui contient 11 dessins et une carte (originaux présents dans les archives de la SMEP). Toutefois, peu de temps avant cette publication, il entreprend une excursion à cheval dans le nord du Lesotho avec le chef Moshesh et sa suite, une excursion qu’il relate par écrit.
Déposé à la bibliothèque de la SMEP, le manuscrit est microfilmé puis envoyé en Californie à la demande du Pr L. Thomson, où il est traduit en 1975. La traduction anglaise est ensuite revue et éditée au Lesotho en 1991 par David Ambrose et Albert Brutsch – un autre missionnaire de la SMEP. C’est seulement en 2000, sous la direction d’Alain Ricard, que le texte est publié en français – à partir de l’édition de 1991- sous le titre Excursion missionnaire dans les Montagnes bleues. Dans son introduction, A. Ricard mentionne que « le manuscrit de 1840 [est] aujourd’hui perdu(…) ». Où était-il caché ? Juste après la parution du livre, le manuscrit est retrouvé dans la boite d’archives d’à côté.



Les Bassoutos
De retour du Lesotho en 1856, Eugène Casalis prend la direction de la Société des missions évangéliques de Paris. Jusqu’à sa mort, il reste attaché au peuple sotho avec lequel il a vécu pendant 23 ans. Son œuvre, Les Bassoutos, reflète son attachement et sa connaissance du pays et de la culture sotho. Publié en 1859 et réédité plusieurs fois par la suite, le texte est traduit en anglais et publié en 1861. Présentée et annotée par Jean-François Zorn, Une nouvelle édition est publiée par le Centre d’étude du protestantisme béarnais en 2012 plus de 150 ans après la première à l’occasion du bicentenaire de la naissance de E. Casalis.


Chants sans frontières

La visite du groupe Unlimited Prayer Frontiers a permis d’échanger sur ce champ de mission, premier de la SMEP. Ce fut aussi l’occasion de chanter dans la bibliothèque à partir des textes originaux de cantiques traduits en langue sotho par les missionnaires – dont T. Arbousset et E. Casalis-, en particulier le recueil Lifela tsa sione. Lors de sa première édition en 1853, celui-ci ne contient que les paroles des cantiques. Dans l’édition de 1930 s’ajoutent les partitions. Ce recueil, encore utilisé au sein de la Lesotho evangelical church en Afrique du Sud, vient d’être réédité. Un exemplaire dédicacé a été offert à la bibliothèque à cette occasion.




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