Douze Bassoutos à Paris – Le séjour dans la capitale

9-15 octobre 1917

Accueillis à Paris par la Société des missions

Place Denfert-Rochereau : le lion de Belfort
Place Denfert-Rochereau : le lion de Belfort
Telegramme
Telegramme
La Maison des missions côté jardin
La Maison des missions côté jardin
Au salon avec les pionniers de la Mission au Lesotho
Au salon avec les pionniers de la Mission au Lesotho
Les Actualités Gaumont s'invitent à la Maison des missions
Les Actualités Gaumont s’invitent à la Maison des missions
L'Ecole de théologie des Batignolles, lieu d'hébergement
L’École de théologie des Batignolles, lieu d’hébergement
Gare du Nord
Gare du Nord
La Maison des missions, côté rue
La Maison des missions, côté rue
Dans le jardin de la Maison des missions : l'heure du thé
Juillet 1912
Dans le jardin de la Maison des missions : l’heure du thé
Juillet 1912

A droite : Programme de visite des douze soldats bassoutos à Paris (extrait du procès-verbal de la réunion du 8 octobre de la Commission exécutive de la Société des missions)

Une arrivée précipitée
La réponse de l’autorité britannique, en la personne du colonel Pritchard, commandant le SANLC, parvient le 7 octobre à la Direction. Il y est demandé à la Société des missions de fournir un emploi du temps détaillé avant que « l’ordre de marche ne soit donné ». Au dernier moment, E. Mabille envoie un télégramme pour confirmer à la Direction de la SMEP leur arrivée le mardi soir 9 octobre à la Gare du Nord. Les membres de la Direction avait misé sur une arrivée le 12 ! Le groupe est malgré tout accueilli sur le quai par une délégation de la Société. 

Leur hébergement est assuré à l’Ecole préparatoire de théologie des Batignolles dans le 17e arrondissement de Paris. Les jours suivants, leur emploi du temps alterne entre visites des « monuments et belles places » de la capitale et rencontres avec des personnes du « réseau missionnaire ». Le samedi 13, ils prennent le repas de midi à la Maison des missions. 

Le Journal des missions relate que : 
Dans le jardin, la Maison Gaumont a réclamé le privilège de prendre un film cinématographique, et, la semaine suivante, les Bassoutos ont apparu chaque soir sur l’écran dans les cinémas appartenant à cette maison. 

Les archives de la Société des missions ne permettent pas de savoir comment l’information de leur venue a circulé. Ce film d’actualité d’à peine 30 secondes est toujours conservé dans les Archives Gaumont-Pathé. 

Touristes dans la capitale

Devant l'école militaire
Devant l’école militaire
Le Pont Alexandre III et l'Esplanade des Invalides
Le Pont Alexandre III et l’Esplanade des Invalides
Devant les invalides
Devant les invalides
Le tombeau de Napoléon aux Invalides
Le tombeau de Napoléon aux Invalides
L'esplanade des invalides
L’esplanade des invalides
Boulevard des Italiens
Boulevard des Italiens
Place de l'Opéra
Place de l’Opéra
Rue Lafayette
Rue Lafayette
Le tramway
Le tramway
Le métro parisien
Le métro parisien
Femme faisant office de poinçonneur
Femme faisant office de poinçonneur
Plan du métro parisien
Plan du métro parisien
Les Buttes Chaumont
Les Buttes Chaumont
Lac des Buttes Chaumont
Lac des Buttes Chaumont
Versailles !
Versailles !
Visiteurs à Versailles
Visiteurs à Versailles
La station de métro de Passy
La station de métro de Passy

Le Tout-Paris protestant à la rencontre de « Nos indigènes mobilisés »

Le temple de l’Oratoire du Louvre, à Paris
Le pasteur Wilfred Monod
Le pasteur Wilfred Monod
Raoul Allier, membre du Comité de la Société des missions
Raoul Allier, membre du Comité de la Société des missions
Le pasteur Jean Meyer, membre du Comité directeur de la Société des missions
Le pasteur Jean Meyer, membre du Comité directeur de la Société des missions
Le pasteur Dumas, membre du Comité directeur de la Société des missions
Le pasteur Dumas, membre du Comité directeur de la Société des missions
Frédéric Christol, ancien missionnaire au Lesotho
Frédéric Christol, ancien missionnaire au Lesotho
Le pasteur Goguel, membre du Comité directeur de la Société des missions
Le pasteur Goguel, membre du Comité directeur de la Société des missions
Edouard Gruner, membre du Comité directeur de la Société des missions
Edouard Gruner, membre du Comité directeur de la Société des missions
Daniel Keck et son épouse avant leur départ pour le Lesotho en 1881
Daniel Keck et son épouse avant leur départ pour le Lesotho en 1881
Frédéric Christol et son épouse Jenny Palmer en 1882, avant leur départ pour le Lesotho
Frédéric Christol et son épouse Jenny Palmer en 1882, avant leur départ pour le Lesotho
Alfred Casalis, ancien missionnaire au Lesotho
C'est lui qui sert d'interprète au sergent Edwin Ntlale
Alfred Casalis, ancien missionnaire au Lesotho
C’est lui qui sert d’interprète au sergent Edwin Ntlale

Les membres du Comité directeur et les missionnaires de la SMEP présents lors de la cérémonie organisée à l’Oratoire

La cause des missions n’avait jamais attiré une pareille foule, remplissant tous les recoins, toutes les galeries du vaste édifice, s’entassant debout auprès des portes, et refluant jusque dans la rue !

Extrait du compte rendu dans le Journal des missions du mois d’octobre 1917

C’est dans le temple des Batignolles (ci-dessous) que les Bassoutos assistent le dimanche matin à leur premier culte en France, avant se rendre à l’Oratoire en fin d’après-midi. 

La célébration au temple de l’Oratoire est l’occasion de convier les protestants parisiens à rencontrer des protestants venus des différents champs de mission : Malgaches et Tahitiens y sont nombreux. Comme les Bassoutos, ils sont invités à prendre la parole.

Edwin N’Tlale (ci-dessous) est  le fils d’un éditeur de  journaux en langue sotho. Il est lui-même rédacteur au « Naledi ». A l’Oratoire, il pourrait s’exprimer en anglais mais il prononce son allocution dans sa langue maternelle. C’est Alfred Casalis qui assure le rôle d’interprète.

temple des Batignolles
Edwin N’Tlale

Depuis dix mois que nous sommes en France, nous n’avions vu ni temple ni chrétien protestant !

Propos d’Edwin N’Tlale, porte-parole du groupe de soldats bassoutos, lors de son intervention à l’Oratoire du Louvre.

Ernest Mabille, dans son allocution à l’Oratoire du Louvre : 
On aurait pu et on aurait dû faire davantage pour rendre leur captivité moins monotone et plus supportable. C’est au moment où les premiers bataillons quittent le sol français et vont être remplacés par des contingents nouveaux, que l’on songe à ouvrir des salles de récréation où nos travailleurs pourront s’amuser et se distraire honnêtement après leurs heures de travail.

Au point de vue religieux et scolaire, leurs besoins n’ont pas été en souffrance. Un aumônier missionnaire au Natal et appartenant à l’Eglise d’Angleterre, secondé d’un pasteur noir de la confession dite congrégationaliste, a tenu dans notre camp des services religieux réguliers le dimanche et a présidé à la prière du soir. Une école élémentaire a aussi fonctionné et a été fréquentée par un assez bon nombre.

Toutes les confessions, je crois, avaient des représentants parmi nous. Les deux principales, les catholiques et les anglicans, ont eu le privilège d’avoir la visite régulière ou occasionnelle de leurs prêtres, et même de leurs évêques. Seuls les membres de l’Eglise du Lessouto n’ont pas été visités par l’un de leurs pasteurs de France. Il n’a pas été possible, par exemple, d’obtenir la permission que MM. Christol, Keck ou Casalis vinssent nous voir.

Le maréchal Joffre, une rencontre improvisée

Joffre sur le terrain en 1915
Joffre sur le terrain en 1915
A l'entrée de l'Ecole Militaire
A l’entrée de l’Ecole Militaire
Intérieur de l'Ecole Militaire
Intérieur de l’Ecole Militaire

A l’Ecole militaire, le missionnaire Daniel Keck – qui sert de guide aux visiteurs – fait passer sa carte de visite au maréchal Joffre présent dans son cabinet de travail :

La porte s’est aussitôt ouverte, et le lieutenant Mabille, avec deux de ses Bassoutos, ont été admis à serrer la main du Maréchal de France.

Souvenirs de France

Lettre d'Ernest Mabille à Jean Bianquis
17 octobre 1917, page 1
Lettre d’Ernest Mabille à Jean Bianquis
17 octobre 1917, page 1
Lettre d'Ernest Mabille à Jean Bianquis
17 octobre 1917, page 2
Lettre d’Ernest Mabille à Jean Bianquis
17 octobre 1917, page 2

La photo souvenir
Le groupe des douze avec Ernest Mabille debout au centre, assis Jean Bianquis (à gauche) et Frédéric Christol (à droite).

Les Bassoutos qui ont visité Paris seraient très heureux d’avoir des copies de la photographie. 
Notre voyage me laisse, nous laisse un souvenir ineffaçable. Demain soir, il y aura une réunion dans la salle d’école où les délégués communiqueront leurs impressions.

Ernest Mabille écrit à Jean Bianquis  dans sa lettre du 17 octobre

Ce qui a le plus « épaté » mes noirs, c’est l’accueil des Parisiens… Ils étaient admis dans le métro, les trams, on leur parlait, on leur serrait la main, on n’avait pas l’air de savoir qu’ils ont la peau noire.

Ernest Mabille dans un courrier du 11 novembre 1917 (dont il n’existe que des extraits recopiés à la main)